N° 45 - Juin 2007 - : dossier "Internet et moi":

Article intitulé "Un site solitaire: Ariane Grimm" par Gisèle Grimm, mère d'Ariane.

 

"Avant mes cahiers de mémoire, j’ai eu plein de petites feuilles volantes racontant ma vie. J’ai beaucoup imaginé, inventé depuis que je suis toute petite". Ces deux phrases d’Ariane Grimm (1967-1985), qui trouva la mort à 18 ans dans un accident de moto, résument le contenu du site consacré à ce qu’on pourrait appeler son "atelier d’écriture".


Dès l’âge de 7 ans, elle a dessiné et écrit avec passion dans deux directions : la réalité et la fiction.
Côté réalité, dès l’entrée en CE 1, elle s’essaie pendant un an à tenir un journal sur feuilles volantes et sur petits carnets. Ce sont : LES PREMIERS JOURNAUX.


Pendant deux ans, elle s’abstient avant de revenir à l’âge de 10 ans, cette fois pour de bon et jusqu'à 16 ans et demi, à ce qui la passionnait et qu’elle appelait ses : CAHIERS DE MEMOIRE.


17 cahiers dont les 4 derniers - ceux de l’adolescence - ont été publiés chez Belfond en 1987 (puis chez "J’ai lu" en 1988) sous le titre "La flambe, journal intime d’une jeune fille" avec la photo en fac-similé de la première page de chacun des cahiers.


Le site montre ce que le livre ne pouvait reproduire : la richesse, la fantaisie, l’inventivité de la décoration, des documents joints, ces images, ces collages, ces couleurs… ces inventions graphiques que présentent la plupart des pages du journal : l’échelle de la courbe d’humeur de la journée…

- Cahier de mémoire n °4 - Entrée du 21 novembre 1978 -

 

… mais aussi des thermomètres pour indiquer la situation météorologique… des personnages de BD… dans lesquels, dès l’âge de 7 ans, elle se projette : d’abord Vanie, puis, à 10 ans, Limine, héroïne d’une bande dessinée féministe qui transpose Lucky Luke au féminin, et enfin, Line, à la silhouette provocante, souvent dessinée, qui finira par être intégrée comme une sorte de double d’Ariane dans le journal lui-même et qui l’accompagnera au long de son adolescence :
L’AUTOFICTION


Elle n’en continue pas moins à écrire des fictions : contes, petits romans, albums illustrés, bandes dessinées... Elle trie, pastiche, réinvente ses lectures:
LA FICTION


Fille de parents divorcés, Ariane vit avec sa mère dans une relation passionnée et anxieuse. Le premier usage qu’elle fera de l’écriture sera d’envoyer - mot impropre, la plupart des lettres étant échangées à la maison - disons plutôt d’adresser des mots d’amour à sa mère pour être sûre de garder son affection :
LES PREMIÈRES LETTRES


Mais bien que les écrits d’Ariane Grimm aient été objet d’études (Philippe Lejeune, "Le journal d’Annick 7 ans et demi " ), que quatre de ses cahiers aient été publiés, qu’ils soient présents encore aujourd’hui dans de nombreuses expositions, qu’ils aient été filmés dans une soirée Théma-Arte, "Bonjour petit Copper", 1998 (réalisation Roland Allard, à télécharger prochainement), tous ces écrits, véritable boulimie de création, ont besoin pour exister du répertoire que constitue un site Internet avec, cela va de soi, de fréquentes mises à jour signalées depuis janvier 2007:
DERNIÈRES NOUVEAUTÉS DU SITE

 

Le site est-il regardé ? Combien d’internautes s’y sont-ils intéressés ? Au moment où j’écris cette note (23 avril 2007), mon hébergeur signale 2090 visiteurs depuis janvier 2006 soit depuis 15 mois. Reconnaissons-le, à part quelques amis, relations et 4 Apaïstes qui se sont manifestés, je n’ai reçu aucun mail, aucun appel téléphonique, aucun Apaïste rencontré au cours des rencontres de l’APA ne m’a parlé du site Ariane… Qui sont-ils ces 2090 visiteurs quasiment muets ?
Alors, un site, pour quoi faire ?
Tout simplement pour montrer la richesse des cahiers d’Ariane Grimm dans l’espoir - peut-être - d’en faire une nouvelle édition avec, cette fois, de nombreux fac-similés et, pourquoi ne pas rêver, quelques images des premiers journaux d’Ariane.